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	<title>&#210; Fial Dels Carcin&#242;ls Vertuoses</title>
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		<title>&#210; Fial Dels Carcin&#242;ls Vertuoses</title>
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		<title>L'Homme de la Lune. L&#233;gendes Quercynoises ,...</title>
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		<dc:creator>Claude Vertut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Homme de la Lune. L&#233;gendes Quercynoises , Tante Basiline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oh, la belle vigne ! La belle vigne qu'avait le bon Dieu ! Rien que d'en avoir ou&#239; parler &#224; leurs anciens, nos grands-p&#232;res en avaient l'eau &#224; la bouche, ou plut&#244;t comme un go&#251;t de bon vin, et parfois aussi une larme de regret &#224; l'&#339;il. O&#249; &#233;tait exactement cette vigne ? On n'en est pas bien s&#251;r. Etait-elle &#224; Cornac, &#224; Chapou, ou bien &#224; Cala- mane, ou encore &#224; Puy-l'Ev&#234;que ? Personne ne le sait au juste. Ce qui est clair comme le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://amis-quercynois.fr/les-quercynois-leur-culture/recits-contes-et-legendes/tante-basiline/" rel="directory"&gt;Tante Basiline&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://amis-quercynois.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/arton511-0d539.jpg?1738293178' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Homme de la Lune.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;gendes Quercynoises , Tante Basiline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, la belle vigne ! La belle vigne qu'avait le bon Dieu ! Rien que d'en avoir ou&#239; parler &#224; leurs anciens, nos grands-p&#232;res en avaient l'eau &#224; la bouche, ou plut&#244;t comme un go&#251;t de bon vin, et parfois aussi une larme de regret &#224; l'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; &#233;tait exactement cette vigne ? On n'en est pas bien s&#251;r. Etait-elle &#224; Cornac, &#224; Chapou, ou bien &#224; Cala- mane, ou encore &#224; Puy-l'Ev&#234;que ? Personne ne le sait au juste. Ce qui est clair comme le jour, c'est qu'elle &#233;tait quelque part en Quercy, sur une pente douce, tourn&#233;e vers le soleil levant, mais pourtant bien expos&#233;e au Midi, avec une source dans le fond et de beaux osiers tout autour de la source. Sans osier, un vigneron serait fort en peine, et le bon Dieu le savait bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien ne manquait &#224; cette vigne. Quels arbres il y avait, quels fruits ! P&#234;ches, figues, abricots, prunes, cerises, d'autres encore, car il y avait de tout ! Mais le plus beau dans la vigne, c'&#233;taient encore les ceps ; les ceps aussi vieux peut-&#234;tre que le monde, hauts comme des ch&#234;nes, larges comme des noyers, avec des grappes qui retombaient de partout, des grappes dont la vue seule r&#233;jouissait le c&#339;ur de Dieu et faisait l'all&#233;gresse des anges.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vigne du Seigneur &#233;tait seulement pour les bienheureux, mais elle n'en portait pas moins la paix et l'abondance dans tout le pays. Notre vieux Quercy en dev&#238;nt semblable &#224; la sienne puisqu'il ne pouvait pas faire la sienne plus belle que la vigne du Seigneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bon Dieu qui voit tous les coeurs essaya de le ch&#226;tier pour le faire rentrer en lui-m&#234;me, et le frappa naturellement dans ses treilles tant aim&#233;es. Un troupeau de ch&#232;vres brouta ses pampres et lui enleva, en quelques coups de dents, la moiti&#233; de sa r&#233;colte future.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, le pauvre p&#233;cheur ne s'amenda pas ; ce fut, au contraire, comme de l'huile sur le feu. Il roula dans son esprit les plus sombres ranc&#238;mes et les projets les plus hardis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne, jusqu'&#224; ce jour, n'avait song&#233; &#224; s&#233;parer son champ de celui du voisin. D'honn&#234;tes bornes, grosses pierres fich&#233;es en terre, indiquaient &#224; peu pr&#232;s les limites, et chacun s'en tenait content. Mais notre envieux se dit que si sa vigne avait &#233;t&#233; d&#233;fendue par une haie, elle aurait &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ah, disait-il en lui-m&#234;me, notre excellent ma&#238;tre, le bon Dieu, a eu grand soin de prot&#233;ger la sienne contre b&#234;tes et gens ! Et l'on vient nous dire que faire comme lui serait m&#233;conna&#238;tre la loi naturelle ! Sommes-nous assez niais ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque jour, en voyant ses treilles ravag&#233;es, il s'exasp&#233;rait davantage. D'autant que la vigne du Seigneur &#233;tait maintenant en pleine fleur ; bien loin &#224; la ronde, le vent portait de l&#224; un parfum c&#233;leste, et, qui sait ? peut-&#234;tre aussi des semences de vie. Le malheureux &#233;prouva comme une fi&#232;vre de col&#232;re. Il r&#233;solut de mettre la haie du Seigneur autour de sa vigne qui serait d&#233;sormais garantie des ch&#232;vres, et les ch&#232;vres mangeraient la vigne du Seigneur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette histoire est ancienne ; elle se renouvelle chaque jour dans bien des c&#339;urs. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme dont parle notre conte attendit le dimanche, un beau dimanche matin ou tout le monde &#233;tait &#224; la messe : le bon Dieu, les anges , les saints , et le peuple tout entier. Alors, lui, prit sa b&#234;che , sa pioche, une corde, et comme un enrag&#233; il se mit &#224; arracher la haie, la belle haie vive du Seigneur. Il allait, il allait. Il ne songea m&#234;me pas &#224; &#244;ter son bonnet quand la cloche sonna l'&#233;l&#233;vation. Le bon Dieu, qui voit tout, en fr&#233;mit. Maintenant l'homme ayant fait un gros fagot de buissons le mit sur son dos pour l'emporter &#224; sa vigne. Il laissa, sans remords, la vigne du Seigneur ouverte &#224; tout venant et partit vite. Il voyait d&#233;j&#224; dans son esprit la haie qu'il allait planter &#224; son coin de colline, et, derri&#232;re, ses propres souches reverdies, et aussi belles que celles du Seigneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il allait depuis longtemps et ne retrouvait plus son chemin. Il ne l'a jamais retrouv&#233;. Dieu ne pouvait pas laisser son crime impuni. Apr&#232;s avoir d&#233;pass&#233; la terre, le malheureux est encore en route. Quand la nuit est claire, vous pouvez le voir dans la lune, son fagot de buissons sur le dos, qui cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment sa vigne. Et cela durera jusqu'au jugement dernier. Esp&#233;rons qu'auparavant le p&#233;cheur se sera repenti, et que, dans sa mis&#233;ricorde, Dieu lui aura pardonn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous aussi nous lui pardonnerons, &#224; l'homme de la lune, mais il nous a fait bien du mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car la br&#232;che qu'il avait faite dans la haie du bon Dieu &#233;tait rest&#233;e ouverte. L'esprit malin riait tout seul en y pensant, et l'on devine ais&#233;ment ce qui arriva.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que les grappes furent vertes, nos bons vieux p&#232;res r&#233;sist&#232;rent &#224; la tentation, le verjus ne leur disant rien qui vaille. Mais quand on fut en vendanges, et que, par cette malheureuse ouverture, ils virent les cuves remplies par les anges, pleines &#224; d&#233;border d'un beau mo&#251;t rouge et dont l'odeur donnait soif, ils ne surent, ne purent plus y tenir. Ils entr&#232;rent dans la vigne du Seigneur, ils go&#251;t&#232;rent &#224; son vin !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bon Dieu se d&#233;tourna d'eux, il les abandonna &#224; l'ivresse, et d&#233;sormais nos bons vins l&#233;gers et parfum&#233;s du Quercy &#244;t&#232;rent la la raison &#224; tous ceux qui &#233;taient entr&#233;s dans la vigne du seigneur. H&#233;las, les meilleurs m&#234;mes y entraient , entra&#238;n&#233;s par le diable. La crainte et le respect s en allaient petit &#224; petit ; les antiques vertus simples et faciles furent &#233;branl&#233;es .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le bon Dieu abandonna son enclos, ses plants divins. Les ronces envahirent la haie, et bient&#244;t la vigne tout enti&#232;re, que les anges ne venaient plus visiter. Si bien qu'on n'en sait plus la place, et la tristesse se r&#233;pandit sur tout le pays. Les hommes se laissant de plus en plus aller &#224; l'ivresse, la vigne fut, pour leur ch&#226;timent, atteinte de mille maux. Oh ! les sombres jours ! Le Quercy sans ses vignes n'&#233;tait plus le Quercy. Sa population antique allait le fuir.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, combien sont d&#233;j&#224; partis !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le bon Dieu se souvient de notre vieille terre, et de sa race honn&#234;te et joyeuse. Il b&#233;nit notre travail, et de nouveau, les pampres reverdissent au printemps et rougissent &#224; l'automne. De nouveau, le parfum de la vigne flotte dans l'air comme au temps de nos a&#239;eux. Puisse-t-il, comme &#224; eux, nous donner la simplicit&#233;, le contentement, et la paix pour tous..., m&#234;me pour l'homme de la lune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une aventure de Gargantua L&#233;gendes Quercynoises,</title>
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		<dc:date>2017-05-03T16:25:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vertut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une aventure de Gargantua L&#233;gendes Quercynoises, Tante Basiline &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est rien de plus &#233;trange que de vouloir tout expliquer, de pr&#233;tendre tout savoir. Un homme n'est qu'un homme, il doit s&#251;rement ignorer beaucoup de choses. Parfois m&#234;me il vaut mieux n'&#234;tre pas trop bien renseign&#233; ; t&#233;moin ce pillarot de Latouille qui voulut absolument conna&#238;tre l'heure de sa mort. Un sorcier lui pr&#233;dit qu'il mourrait, sans manquer, quand son &#226;ne viendrait &#224; braire en montant une c&#244;te. La chose ne tarda (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://amis-quercynois.fr/les-quercynois-leur-culture/recits-contes-et-legendes/tante-basiline/" rel="directory"&gt;Tante Basiline&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://amis-quercynois.fr/local/cache-vignettes/L150xH110/arton505-485ec.jpg?1738293178' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une aventure de Gargantua&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;gendes Quercynoises, Tante Basiline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est rien de plus &#233;trange que de vouloir tout expliquer, de pr&#233;tendre tout savoir. Un homme n'est qu'un homme, il doit s&#251;rement ignorer beaucoup de choses. Parfois m&#234;me il vaut mieux n'&#234;tre pas trop bien renseign&#233; ; t&#233;moin ce pillarot de Latouille qui voulut absolument conna&#238;tre l'heure de sa mort. Un sorcier lui pr&#233;dit qu'il mourrait, sans manquer, quand son &#226;ne viendrait &#224; braire en montant une c&#244;te. La chose ne tarda gu&#232;re, et l'&#226;ne n'eut pas plus t&#244;t ouvert la bouche, que l'homme se laissa choir au bord du chemin et se tint pour mort. Cependant, un voleur survint qui emmena l'&#226;ne et le charreton. &#171; Ah, canaille, g&#233;missait le pillarot, si je n'&#233;tais pas mort ! Tu verrais ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne put jamais lui faire entendre qu'il &#233;tait encore en vie. Le sorcier fut tr&#232;s fier de l'aventure, disant que si l'autre n'&#233;tait pas mort, il n'en valait gu&#232;re mieux, et que d&#233;sormais les gens de Latouille et d'ailleurs seraient plus sages...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sorcier-l&#224; avait du sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi de chercher &#224; savoir d'o&#249; venait Gargantua et quelle affaire l'amenait en Quercy, je me garderai bien. Une chose m'a toujours suffi, c'est qu'il y vint ; nos grands-parents, qui nous l'ont dit le savaient bien. A Gramat et &#224; B&#233;taille, on vous en donnerait la preuve : mais ce qui lui arriva, en buvant &#224; la Dordogne, est moins connu.&lt;br class='autobr' /&gt;
# L&#201;GENDES QUBRCINOISBS&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bon grand g&#233;ant avait la bouche s&#232;che, et depuis longtemps il n'avait pas rencontr&#233; de tasse assez grande pour y boire &#224; sa soif. Aussi, quand il vit les Ajustants et la belle nappe bleue que font &#224; leur rencontre la C&#232;re et la Dordogne, il en eut le c&#339;ur tout r&#233;joui. Il posa son bonnet sur la tour carr&#233;e de Castelnau pour ne pas mouiller les plumes, puis il se planta solidement, un pied en haut du bois d'Auriaste l'autre sur le P&#233; V&#233;rier ; et la main droite sur son b&#226;ton (un grand peuplier), il se disposa &#224; boire. C'&#233;tait sur les quatre heures, il avait le soleil dans les yeux et ne voyait pas tr&#232;s bien la grande plaine au-dessous de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait pourtant bien belle, ce soir d'avril, avec sa ceinture de coteaux o&#249; d&#233;j&#224; poussaient les pampres sous les cr&#234;tes de rochers gris ou rouges, et les &#171; ralc&#233;s &#187; voil&#233;s de la verdure l&#233;g&#232;re du printemps. En bas, elle &#233;tait toute verte avec ses grands bl&#233;s ondoyants et ses prairies o&#249; l'herbe &#233;tait haute. Et les haies de cognassiers et d'aub&#233;pine, les arbres &#233;panouis mettaient l&#224;-dessus leurs fleurs roses et blanches et leurs parfums.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Gargantua voyait seulement sous lui la &#171; p&#226;le &#187; de Bernadou &#233;tincelant au soleil et qui achevait de l'aveugler. Il ne remarqua pas sur la berge des laveuses qui finissaient de tordre leur linge, ni sur la rivi&#232;re, une file de bateaux qui descendaient vers le Pays-Bas. Tout joyeux il courba la t&#234;te et but &#224; longs traits. Les bateliers et les laveuses manqu&#232;rent mourir de peur en le voyant et surtout en l'entendant tousser. Quand le bon Dieu tonne, il ne fait pas plus de bruit ; et Gargantua toussait que la terre en tremblait. &#171; J'aurai, je pense, dit-il enfin, aval&#233; quelqu'un de ces moucherons &#187;, et il montrait les bateaux sur la rivi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas si je l'ai dit, la Dordogne &#233;tait &#171; marchande &#187;. Elle coulait &#224; plein Ut et, depuis le matin passaient les grands bateaux qui portaient jusqu'&#224; Libourne leurs chargements de merrain, de carrassonne&lt;br class='autobr' /&gt;
et m&#234;me de buissons pour entretenir les haies des vignobles. Ils allaient doucement sur les belles eaux claires ; la grande rame qui leur sert de gouvernail se balan&#231;ait en cadence ; les hommes chantaient, &#233;changeaient de joyeux propos avec les lessiveuses aux lavoirs et vidaient force gourdes. Eux qui passaient souvent savaient les meilleures auberges ; le vin des Rocs et de Timbergue, que vendait Four&#231;ou du Suc, les menait jusqu'&#224; Carennac. Et l&#224;, ils faisaient un repas comme F&#233;nelon, dans sa belle abbaye, n'en fit jamais de meilleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce soir-l&#224;, en arrivant &#224; Carennac, les pauvres diables &#233;taient transit de peur, et le court-bouillon de barbeau, ni le brochet aux fines herbes, ni m&#234;me le vin blanc ne purent les remettre en galt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des cinq bateaux partis &#224; midi du Daumaret, ils n'&#233;taient plus que quatre. Gargantua en avait aval&#233; un avec son chargement de buissons, et deux braves gar&#231;ons dont on n'entendit plus parler jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lui, il ne s'en doutait pas et continuait tranquillement son voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, quand il revint au mois d'ao&#251;t, il &#233;tait tout chang&#233;. Il avait depuis le printemps des douleurs d'estomac horribles. On lui avait conseill&#233; les eaux purgatives, il avait essay&#233; de toutes. Il avait tari plusieurs fois par jour la Font du Ra&#239;c&#233; de Puybrun, celles de Busqueilles, de Miers et d'Asturgou et toutes les autres &#224; la ronde, rien n'y avait fait. Il lui semblait, disait-il, que dans son estomac il avait quelque chose qui, de l&#224;, p&#233;n&#233;trait dans ses entrailles, le su&#231;ait, le rongeait..., de l'entendre on avait la chair de poule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, trois m&#233;decins courageux r&#233;solurent de savoir au juste qu'est-ce qui le faisait tant souffrir. Ils mont&#232;rent &#224; cheval, prirent chacun une bonne lanterne, et, ni plus ni moins, ils descendirent dans l'estomac de Gargantua. Or, savez-vous ce qu'ils y trouv&#232;rent ? Une for&#234;t ! Une v&#233;ritable for&#234;t de buissons blancs, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient pris racine l&#224;, sit&#244;t aval&#233;s ; et trouvant la terre bonne, ils &#233;taient d&#233;j&#224; comme des arbres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;decins ne perdirent pas la t&#234;te. Ils ressortirent vite, mais pour aller chercher des b&#251;cherons et des charrettes. On coupa, on tailla, on scia tous ces buissons, et il para&#238;t qu'on en sortit tant et tant de charret&#233;es, que si je voulais vous en dire le nombre, vous ne me croiriez pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce n'est pas fini ; il fallut encore arracher les troncs, extirper les racines et ce ne fut pas une petite affaire. Ce que Gargantua souffrit n'est pas croyable. Aussi fit-il le serment de ne plus boire d'eau de sa vie. Les trois m&#233;decins lui ayant recommand&#233; les vins de Glanes et de Cahors, il para&#238;t qu'il fut vite gu&#233;ri.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et depuis l'on dit chez nous qu'il n'est pas prudent de boire aux rivi&#232;res, on ne sait pas ce qu'on peut avaler ; tandis que le jus de raisin n'a pas son pareil pour la sant&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi parlaient les anciens, qui m'ont cont&#233; cette tr&#232;s v&#233;ridique histoire, en gardant les b&#339;ufs dans les pr&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Le chemin de Saint-Jacques. </title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vertut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Chemin de St-Jacques L&#233;gendes Quercynoises : Tante Basiline &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bon Dieu &#233;tait enrhum&#233;, et dans le Paradis tout le monde &#233;tait triste. Le P&#232;re &#233;ternel ne se plaignait pas, mais il toussait que &#231;a vous serrait l'estomac de l'entendre. Il avait pris son mal en visitant le Purgatoire o&#249; les anges faisaient trop bon feu ; l&#224;-dessus la fra&#238;cheur du ciel l'avait saisi et c'&#233;tait une piti&#233; que ce rhume. Les ch&#233;rubins n'osaient presque plus chanter ; les saints se regardaient sans rien dire ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://amis-quercynois.fr/les-quercynois-leur-culture/recits-contes-et-legendes/tante-basiline/" rel="directory"&gt;Tante Basiline&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://amis-quercynois.fr/local/cache-vignettes/L150xH98/arton502-5bf4f.jpg?1738293178' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Chemin de St-Jacques&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;gendes Quercynoises : Tante Basiline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon Dieu &#233;tait enrhum&#233;, et dans le Paradis tout le monde &#233;tait triste. Le P&#232;re &#233;ternel ne se plaignait pas, mais il toussait que &#231;a vous serrait l'estomac de l'entendre. Il avait pris son mal en visitant le Purgatoire o&#249; les anges faisaient trop bon feu ; l&#224;-dessus la fra&#238;cheur du ciel l'avait saisi et c'&#233;tait une piti&#233; que ce rhume.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ch&#233;rubins n'osaient presque plus chanter ; les saints se regardaient sans rien dire ; tous les bienheureux perdaient la t&#234;te, et le bon Dieu toussait toujours.
&lt;br /&gt;&#8212; Seigneur, dit saint Jacques, si vous vouliez bien me le permettre, je retournerai un peu sur la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout autre temps, le bon Dieu lui aurait demand&#233; ses raisons, mais ce jour-l&#224; il se contenta d'incliner la t&#234;te.
&lt;br /&gt;&#8212; Va, mon fils, et porte-toi bien toute la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint Jacques alla vite trouver saint Pierre, et ce&lt;br class='autobr' /&gt;
fut dans le ciel un grand bruit de clef rouill&#233;e qui grin&#231;ait dans la serrure, car la porte par o&#249; l'on sort du paradis ne s'ouvre pas souvent. On est si bien l&#224; (Dieu nous y garde une petite place) que personne ne souhaite d'aller ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin, la porte s'ouvrit, et, d'un coup de pied, comme disait Trassiou de Blaviel, saint Jacques s'en alla vers la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voyage &#233;tait assez long, d'autant plus que saint&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques ne savait pas au juste o&#249; il trouverait ce qu'il venait chercher en ce monde. Il arriva donc un peu au hasard sur la lande entre Boutel et Segonzac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pentes pel&#233;es du Causse, les roches plates, les gen&#233;vriers p&#226;les et les cornouillers au feuillage gr&#234;le ne lui plurent pas.
&lt;br /&gt;&#8212; Il n'y a rien &#224; glaner entre ces pierres, se dit le saint ; voyons derri&#232;re la colline.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il descendit donc dans la gorge riante qui s'ouvrit tout &#224; coup devant lui. Sous les grands rochers s'&#233;tendaient les vignes ; un ruisseau tombait en cascade tout au fond, et serpentait ensuite, bord&#233; d'arbres, dans une fra&#238;che prairie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au bord du chemin, le saint se r&#233;jouit de voir une belle maison neuve. Une treille et un figuier mariaient leurs jeunes feuilles au-dessus de la porte. Au-devant, il y avait un petit verger dans lequel deux belles vaches rouges paissaient tranquillement l'herbe d&#233;j&#224; haute, &#233;toil&#233;e de marguerites.
&lt;br /&gt;&#8212; Voici mon affaire, se dit saint Jacques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il poussa la claire-voie du verger et alla r&#233;citer un Pater &#224; la porte de la maison. Une femme ouvrit.
&lt;br /&gt;&#8212; Nous ne donnons pas, ne restez pas l&#224;.
&lt;br /&gt;&#8212; Un peu de lait, s'il vous pla&#238;t.
&lt;br /&gt;&#8212; Nous ne donnons pas, vous dis-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Pour le bon Dieu.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah &#231;a, mais, brave homme, voulez-vous vous en aller, oui ou non ? Du lait ! Comme il y en a tant dans le pays ! Si vous avez soif, l'eau ne passe pas loin !
&lt;br /&gt;&#8212; Eh bien, gardez votre lait ! dit saint Jacques, mais je vous avertis que vous n'en boirez plus une goutte. Ce que vous refusez &#224; un chr&#233;tien, moi je le donne aux b&#234;tes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme rit d'abord, puis elle eut un peu de crainte, car, chacun le sait, ceux &#224; qui l'on refuse la charit&#233; ont du pouvoir en ce monde et dans l'autre. Alors elle&lt;br class='autobr' /&gt;
courut &#224; la recherche du mendiant, mate die ne le vm nulle part.&lt;br class='autobr' /&gt;
En retournant chez die, die ne remarqua pas d'abord un bizarre mouvement des herbes du verger, qui s'agitaient toutes comme par un grand vent. Quand die y fit attention die eut peur et rentra ses vaches ; deux ou trois couleuvres la suivirent jusqu'&#224; l'&#233;table, et elle comprit pourquoi l'herbe se remuait tout &#224; l'heure. Des centaines de serpents remplissaient le petit clos, et les vaches n'avaient plus une goutte de lait, les couleuvres avaient tout bu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en fut de m&#234;me tous les jours, des couleuvres se mettaient au pis des vaches, qui se laissaient faire. Si l'on arrivait &#224; leur traire quelque peu de lait, une multitude de serpents souples, agiles, gracieux, sortaient on ne savait d'o&#249; et venaient boire au pot, o&#249; qu'on le mit, entre les mains m&#234;mes des gens &#233;pouvant&#233;s. Ils ne burent plus de lait, et, bient&#244;t, ils abandonn&#232;rent leur maison dont les m&#232;res, nagu&#232;re encore, montraient les ruines aux petits enfants pour leur apprendre &#224; respecter les pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut ainsi que saint Jacques punit la riche avaricieuse. Mais il &#233;tait bien triste en s'&#233;loignant de la jolie maison neuve. Il retourna vers le Causse sans achever d'aller dans Autoire ; la riante vall&#233;e ne l'attirait plus.
&lt;br /&gt;&#8212; Les gens de la terre s'endurcissent tous les jours, &#224; ce qu'il parait, murmurait le saint. Enfin, qui sait ? Je vais aller droit devant moi. Et peut-&#234;tre trouverai-je encore une &#226;me charitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il marchait &#224; grandes enjamb&#233;es sur la gri&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#226;tre o&#249; flottait une bonne odeur d'herbes aromatiques, mais il n'y faisait aucune attention.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que, voyez-vous, depuis tant de si&#232;cles qu'il habitait le paradis o&#249; tout le monde est si bon, si bon, saint Jacques avait perdu de vue les mis&#232;res humaines ; et aussi ce premier refus l'avait d&#233;courag&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
44 LEGENDES QUERCINOISES&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup, il entendit un bruit cadenc&#233;, assez &#233;trange et qui faisait dans le lointain comme une musique bien en harmonie avec le pays sauvage et triste. Il comprit bient&#244;t que c'&#233;taient les esquilles d'un troupeau de brebis.
&lt;br /&gt;&#8212; Eh ! si elles avaient du lait I Mais quand les riches refusent, si durement, que me diront les pauvres ? Or, ici, bien s&#251;r, on doit &#234;tre pauvre. Essayons toujours. Seulement, je ne vois ni maison, ni personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
En s'approchant du troupeau, il entendit une voix claire qui chantait :&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;nt Jouset, lo s&#233;nto Vierdjo S'en perm&#233;nabou tous dous J&#233;su, J&#233;su&lt;br class='autobr' /&gt;
S'en perm&#233;nabou tous dous J&#233;sus dous !&lt;br class='autobr' /&gt;
La voix partait de derri&#232;re une muraille, de ces murailles grises &#224; pierre s&#232;ches, qui s'&#233;croulent si facilement, quand on passe par-dessus, et vous tombent si bien sur les jambes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint Jacques la contourna et se trouva devant la chanteuse.
&lt;br /&gt;&#8212; Dieu vous assiste ! dit-il.
&lt;br /&gt;&#8212; Autant, vous dis-je, r&#233;pondit la berg&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car c'&#233;tait la berg&#232;re du troupeau. Pas une belle demoiselle avec une houlette, comme on en voit, tout en or, sur les pendules, ou bien de peintes en haut des portes, avec des robes de soie et des n&#339;uds de ruban partout. Ah non, p&#233;ca&#238;re, celle-ci n'avait pas de ces gloires. Elle &#233;tait bien plut&#244;t comme ceux dont parle la rime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paour&#232;s postourels Qu&#233; n'oou ni ch&#226;ti&#233; ni montel Un paou d&#233; copel d&#233; paillo Qu&#233; lous oouzels li foou botai&#252;o U no pitsouno rooubetto&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ocato mas las onqu&#233;ttas,&lt;br class='autobr' /&gt;
(Pauvres pastoureaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui n'ont ni limousine ni manteau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu de chapeau de paille O&#249; les oiseaux livrent bataille Une petite robette Qui couvre &#224; peine la hanchette).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi vont trop souvent mal v&#234;tus nos pauvres bergers, et l'on comprend, &#224; les voir partir transis pour le p&#226;turage, la touchante invocation qui revient souvent sur les l&#232;vres des vieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paour&#233; soulel rouda&#239;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233; lou boun Diou t'esch&#252;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;s paour&#233;s postourels&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233; n'oou ni chml&#233; ni monteL&lt;br class='autobr' /&gt;
(Pauvre soleil brumaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Que le bon Dieu t'&#233;claire&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les pauvres pastoureaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui n'ont ni limousine ni manteau).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce beau jour d'avril, le soleil &#233;tait chaud et la berg&#232;re joyeuse ; elle filait sa quenouille de chanvre, et d&#233;j&#224; elle avait trois grosses fus&#233;es &#224; c&#244;t&#233; d'elle.
&lt;br /&gt;&#8212; Dites-moi, pauvrote, fit saint Jacques, vous ne me donneriez pas un peu de lait pour l'amour de Dieu ? J'en ai bien besoin.
&lt;br /&gt;&#8212; Eh si, certes, pauvre brave homme, vous avez l'air bien fatigu&#233; !
&lt;br /&gt;&#8212; Je viens de loin, et personne ne m'a donn&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; Asseyez-vous ; je vais appeler ma brebis. Juste son agneau est d&#233;j&#224; grand et il mange un peu.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous n'avez qu'une brebis ?
&lt;br /&gt;&#8212; Non, les autres sont &#224; mon ma&#238;tre, et vous sentez bien que je ne peux pas donner le lait de ses b&#234;tes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint Jacques fut tout content de l'entendre parler ainsi ; il commen&#231;ait &#224; se r&#233;concilier avec l'humanit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
46 L&#201;GENDES QUERCINOISES&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La berg&#232;re avait tir&#233; quelques grains de sel de sa poche, et, tendant la main, elle appelait :
&lt;br /&gt;&#8212; T&#233;, t&#233;, N&#233;grotte, t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand sa brebis noire se fut approch&#233;e, suivie de son agneau, elle dit &#224; saint Jacques :
&lt;br /&gt;&#8212; Maintenant, brave homme, il faut t&#233;ter la N&#233;grotte, car je n'ai rien o&#249; la traire.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est que le lait n'est pas pour moi, c'est pour un pauvre enrhum&#233;, bien enrhum&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; P&#233;ca&#239;re ! vous demandez pour les autres ! II en a grand besoin, ce malade ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oh oui !
&lt;br /&gt;&#8212; Il est bien loin ? Je ne peux pas lui mener la N&#233;grotte, pendant que vous me regarderiez du troupeau ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oh ! non, pauvrote, vous ne pouvez pas ! Et il tousse, vous en pleureriez !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois bien, elle en pleurait d&#233;j&#224;.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah ! fit-elle tout-&#224;-coup, j'ai au parc une &#233;cuelle d'&#233;tain qui &#233;tait &#224; ma m&#232;re. Attendez un peu, je vais la chercher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle courut et revint vite, puis se mit &#224; genoux pour traire la brebis. Jamais la N&#233;grotte n'avait eu tant de lait, l'&#233;cuelle &#233;tait pleine de bon lait, &#233;pais et parfum&#233;, pleine &#224; ras bord, et le gros agneau trouva encore la mamelle bien garnie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint Jacques prit alors l'&#233;cuelle par les deux anses, mais il n'&#233;tait pas habile &#224; la porter.
&lt;br /&gt;&#8212; Si vous allez bien loin, lui dit la berg&#232;re, votre malade n'aura pas beaucoup de lait.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vais au ciel, ma fille, porter votre aum&#244;ne au bon Dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La berg&#232;re pensa mourir.
&lt;br /&gt;&#8212; Que voulez-vous que je demande pour vous, reprit le saint.
&lt;br /&gt;&#8212; Je voudrais bien, dit-elle, savoir le chemin du ciel, et voir les &#226;mes qui vont en Paradis.
&lt;br /&gt;&#8212; Ma fille, je le dirai au bon Dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et saint Jacques remonta vers le ciel, emportant l'&#233;cuelle d'&#233;tain pleine de lait ; &#224; chaque pas, il en tombait une goutte qui s'&#233;tendait comme un petit nuage sur la vo&#251;te du firmament. Quand il arriva au Paradis, le bon Dieu toussait toujours, l'&#233;cuelle n'&#233;tait plus qu'&#224; demi-pleine, mais le lait qui restait &#233;tait encore chaud et fumant comme si l'on venait de le traire. Et le P&#232;re Eternel le but, et telle est la vertu de la charit&#233; qu'il ne toussa plus du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors saint Jacques dit les deux souhaits de la berg&#232;re.
&lt;br /&gt;&#8212; Ils sont exauc&#233;s, dit le bon Dieu, tourne-toi et vois la trace que tu as laiss&#233;e. C'est l'aum&#244;ne faite avec amour qui m&#232;ne au ciel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et saint Jacques, se retournant, vit la Voie lact&#233;e qui, depuis la terre, arrivait droit &#224; la porte du Paradis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l&#224;-bas, dans le Causse, ramenant son troupeau, la berg&#232;re suivait d'un &#339;il ravi le sentier merveilleux qu'elle avait vu tracer tout &#224; l'heure. Puis, lorsque la nuit fut plus obscure, elle aper&#231;ut des &#233;toiles qui, de tous les c&#244;t&#233;s, venaient vers le chemin de saint Jacques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi dans les belles nuits d'&#233;t&#233;, lorsque les &#233;toiles courent, brillantes, en Quercy, l'on se signe et l'on fait sa pri&#232;re, car on vient de voir les ftmes du purgatoire qui entrent au Paradis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BM&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A la veill&#233;e... Autrefois par Tante Basiline</title>
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		<dc:date>2016-12-26T17:26:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vertut</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A la veill&#233;e... aufrefois Racont&#233; par Tante Basiline &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Regrettez-vous le temps o&#249; l'homme, sur la terre, Vivait et respirait dans un peuple de dieux ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui donc, de notre g&#233;n&#233;ration, en remontant aux jours lointains de son enfance, ne regrette, en souriant, les vieilles superstitions ? Si beaucoup &#233;taient effrayantes, il y en avait aussi qui faisaient vivre nos p&#232;res &#034;dans un peuple de dieux&#034;. Si Satan courait librement le monde d'un ang&#233;lus &#224; l'autre, Notre-Dame &#233;tait plus puissante (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://amis-quercynois.fr/les-quercynois-leur-culture/recits-contes-et-legendes/tante-basiline/" rel="directory"&gt;Tante Basiline&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://amis-quercynois.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton374-be46f.jpg?1738293179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la veill&#233;e... aufrefois&lt;br class='autobr' /&gt;
Racont&#233; par Tante Basiline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regrettez-vous le temps o&#249; l'homme, sur la terre, &lt;br class='autobr' /&gt;
Vivait et respirait dans un peuple de dieux ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui donc, de notre g&#233;n&#233;ration, en remontant aux jours lointains de son enfance, ne regrette, en souriant, les vieilles superstitions ? Si beaucoup &#233;taient effrayantes, il y en avait aussi qui faisaient vivre nos p&#232;res &#034;dans un peuple de dieux&#034;. Si Satan courait librement le monde d'un ang&#233;lus &#224; l'autre, Notre-Dame &#233;tait plus puissante que lui et les bons saints ne manquaient pas qui venaient en aide aux chr&#233;tiens dans tous leurs besoins. M&#234;me sainte Rondine ne les aidait-elle pas &#224; redresser les mauvais caract&#232;res chez leurs enfants ? Et le proverbe courant disait : &#171; Le bon Dieu a toujours vaincu le diable. &#187; C'&#233;tait surtout pendant les longues veill&#233;es d'hiver qu'un monde myst&#233;rieux semblait na&#238;tre des t&#233;n&#232;bres et mettre les vivants en relation avec tout l'inconnu qui nous entoure. Quand la porte s'ouvrait sur la nuit noire, les enfants frissonnaient un peu. N'allaient-ils pas entendre le galop enrag&#233; de la Chasse volante que Laparthe avait presque vue ? Et le loup-garou de G&#233;nulphe, qu'il connaissait bien, et qui, m&#234;me mort, quand on l'e&#251;t tu&#233; d'une balle b&#233;nite, ne reprit pas face humaine, et garda son apparence horrible de grand chien ? Au fait, &#233;tait-il bien mort ? On tremblait avec volupt&#233;, sachant qu'au jour on n'aurait plus peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la lumi&#232;re &#233;lectrique est sup&#233;rieure &#224; la flamme vacillante du calel d'alors ; mais dans les ombres mouvantes, au fond des grandes cuisines, ne croyait-on pas voir passer l'oie blanche du temps jadis, ou le Drac qui avait si bien tourment&#233; Jeantou de Marc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette oie blanche, dont le souvenir est presque effac&#233;, fut pourtant l'amie de nos tr&#232;s lointains a&#239;eux ; tout doucement, elle venait prendre les &#226;mes pour les porter au ciel. Auparavant c'&#233;tait la mort elle-m&#234;me, comme on la voit encore peinte &#224; Roc-Amadour, qui venait se placer au chevet des chr&#233;tiens, quand ils allaient rendre l'esprit. Tous les os de son squelette d&#233;charn&#233; faisaient Cric ! Croc ! quand elle emportait les d&#233;funts aux pointes de sa fourche, tant, que les cheveux se dressaient sur la t&#234;te de chacun. On avait si grand-peur de la mort, qu'on ne songeait m&#234;me plus &#224; bien vivre. Saint Pierre finit par prendre en piti&#233; ces malheureux Quercynois, dont aucun, en arrivant &#224; sa porte, ne savait m&#234;me plus si &#171; l'&#226;me &#233;tait sienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en parla &#224; Saint Amadour qui alla s'agenouiller devant le P&#232;re Eternel et lui conta la mis&#232;re du Quercy. Et comme le Seigneur veut que le p&#234;cheur vive avec assez de joie pour d&#233;sirer gagner le ciel, il rempla&#231;a la vision affreuse par une oie blanche. Douce, silencieuse, elle glissait par les chemins, entrait m&#234;me dans les maisons, sans effrayer personne. Et les gens, osant regarder la mort en face, reprirent le go&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conte pourtant que divers Th&#233;minettes, un vieux et une vieille se sentirent si vieux qu'ils song&#232;rent &#224; partir en r&#232;gle avec la terre et le ciel. Puis ils attendirent doucement la mort, chacun assurant l'autre qu'il voudrait bien mourir le premier. Tout &#224; coup, dans le silence de la grande chambre, ils entendirent un pas l&#233;ger : l'oie s'avan&#231;ait vers eux, paisible et lente. Alors... H&#233;las ! alors la femme dit &#224; demi-voix :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; B&#233;j&#233; b&#233; lou liet de l'homm&#233; ? &#187; (tu vois le lit de l'homme ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tandis que l'homme murmurait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Boto, Boto, blanqu'o oucoto Ba&#239;-t'en ol Ziet de la fermoto &#8250;&#8250; (Va, va, blanche oisone va-t'en au lit de la femmotte !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauvres vieux, ils s'&#233;taient si longtemps aim&#233;s ! Quelle piti&#233; ! sans doute ils eurent tout de suite honte de leur mauvaise pens&#233;e, car la mort mis&#233;ricordieuse prit leurs deux &#226;mes en m&#234;me temps, et les emporta dans l'autre monde. Depuis quand ne voit-on plus l'oie blanche ? Qui le sait ? Mais Jeantou de Marc &#233;tait bien vivant du temps de mon grand-p&#232;re, et il avait vu le Drac, clair comme vous me voyez, plus clair m&#234;me ; et il l'avait port&#233;. Oui ! Jeantou &#233;tait alors tout jeune. Il pensait &#224; se marier et allait voir une fille de Fiali qui ne plaisait pas &#224; sa m&#232;re, mais le gar&#231;on y tenait tant que la Taton le laissait libre. Cette M&#233;sanie se croyait plus qu'une reine, et, se sachant belle fille et qui aurait Cent pistoles de l&#233;gitime, elle tenait la drag&#233;e haute &#224; tous les amoureux, leur donnant cong&#233; pour un oui, pour un non, toujours pr&#234;te &#224; griller la savate (vieille coutume : on br&#251;lait un vieux soulier pour donner cong&#233; &#224; un amoureux &#233;vinc&#233;). Donc ce soir, o&#249; la lune &#233;tait de &#171; gaillard &#8250;&#8250;, Jeantou &#233;tait all&#233; &#224; la p&#234;che. Il devait monter &#224; Fiali ; on l'attendait, et il aurait voulu y porter un plat de poisson, mais il n'avait rien pris. Il retournait chez lui fort contrari&#233;, quand, dans l'herbe du chemin, il vit un agneau blanc, petit, petit, et qui se plaignait tout bas. &#171; Pauvre bestiole, dit Jeantou, comment es-tu venu l&#224; ? Quelque &#171; m&#232;ne &#8250;&#8250; de brebis aura pass&#233;, et t'aura laiss&#233; ? &#8250;&#8250; Alors il le prit pour le porter dans ses bras &#224; sa m&#232;re qui le soignerait. L'agneau lui parut alors beaucoup plus grand qu'il n'avait pens&#233; ; aussi le mit-il sur ses &#233;paules, et il le trouva tr&#232;s lourd. En montant le &#034;ranquet&#034; des Combes, il peinait et soufflait comme s'il e&#251;t port&#233; de la terre et non pas un agneau. M&#234;me il vit que les pattes s'&#233;taient allong&#233;es et se croisaient maintenant sur sa poitrine. Comme il arrivait au bout du raidillon, pouf ! une secousse vous l'assied par terre, et un beau mouton saute devant lui et lui dit : &#171; Je te remercie, Jeantou, de m'avoir si bien port&#233;.&#8250; Et avec un grand &#233;clat de rire, le mouton sauta dans la Dordogne. Et il allait sur l'eau comme s'il avait gliss&#233;, riant toujours. Jeantou l'entendait encore rire dans les Borgnes de Puybrun, quand il se releva tout &#233;tourdi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; chez lui, il raconta tout cela &#224; sa m&#232;re. &#171; Ecoute, Jeantou, fit-elle, ne va pas &#224; Fiali ce soir. La lune est de gaillard, c'est la f&#234;te du Drac. C'est lui l'agneau chang&#233; en mouton. Dieu sait quels autres tours il peut te jouer ; reste ici. &#8250;&#8250; Mais Jeantou avait promis au p&#232;re de la M&#233;sanie de venir ce soir m&#234;me. La Taton se rendit. &#171; Sois bien attentif, dit-elle, &#224; tout ce que je vais te dire. En passant sous le cimeti&#232;re, dis un De profundis pour ton p&#232;re, le pauvre d&#233;funt te gardera ; si tu vois des eshantis (feux follets), fais comme je t'ai enseign&#233;. Tou&#232;ne avait, de sa fen&#234;tre, siffl&#233; &#224; un eshanti, comme pour rire. L'eshanti courut sur lui du fond des Borgnes. Tou&#232;ne n'eut que le temps de fermer l'abavent ; et j'ai vu de mes yeux la main toute noire de l'eshanti imprim&#233;e dans le bois : fais donc bien ce qui se doit. Ensuite, quoi que tu rencontres, vas-y tout droit, et ne regarde jamais derri&#232;re toi. La lune est d&#233;j&#224; haute, va, pauvre droll&#233;, et que le bon Dieu ait mis&#233;ricorde pour nous. &#187; Jeantou donc s'en allait le c&#339;ur gai, bien qu'il n'e&#251;t pas de poisson, et ne pensait plus &#224; son agneau. Sous le cimeti&#232;re, il dit son De profundis et pressa le pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand il fut sous les arbres de la carri&#232;re, il vit, venant vers lui, deux pauvres eshantis qui se querellaient : &#034;Voici, mon parrain ! - Non, c'est le mien ! &#034; Jeantou &#244;ta son bonnet, se signa et dit : &#034;Au nom du P&#232;re, du Fils, et du Saint-Esprit, Pierre et Jean, je vous baptise. &#034; Aussit&#244;t les petites flammes mont&#232;rent dans les arbres et deux petites voix cri&#232;rent : &#034;Merci, parrain, merci&#034;. Content d'avoir ouvert le paradis &#224; ces &#226;mes innocentes, Jeantou arriva &#224; Fond de C&#232;re o&#249; sa navette &#233;tait attach&#233;e. Il s'&#233;tonna de la trouver &#224; fond, mais il la vida vivement et s'embarqua. La pleine lune brillait comme le soleil et les Ajustants miroitaient, &#233;tincelants. Mais le bateau n'&#233;tait pas au milieu de l'eau qu'un brouillard se leva, &#233;pais &#224; ne pas voir son poing devant ses yeux. Jeantou connaissait &#212; bien la grande nappe d'eau que forment, &#224; leur rencontre, la C&#232;re et la Dordogne ; il sut &#233;viter les tourbillons du milieu o&#249; plus d'un habile passeur s'est noy&#233;. Il allait donc bravement, mais n'arrivait pas &#171; &#224; rive &#187;, et ramait depuis longtemps. Enfin, il entendit ! l'eau courir sur des cailloux, le bateau toucha. Il trouva un buisson pour l'attacher, et grimpa sur la berge et tout &#224; coup, plus de brouillard. Il vit devant lui les pentes abruptes du Causse. &#171; Tout &#231;a est dr&#244;le, se dit-il. Je ne sais pas si j'ai pass&#233; Gintrac. Mais tant pis ! Je trouverai bien quelque raccourci pour monter sur le Causse, et de l&#224;, j'arriverai vite &#224; Fiali. &#8250;&#8250;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! pauvre Jeantou ! Il en fit, du chemin, avant d'arriver &#224; Fiali. Il prit, en effet, le premier sentier qu'il trouva ; il monta, tourna, sauta des murailles, traversa des barthes et des gl&#232;bes sans rencontrer un village, une maison. Il se demandait s'il lui faudrait, par hasard, marcher toute sa vie comme le Juif errant, quand il aper&#231;ut, encore tr&#232;s loin, une petite lueur. Le voil&#224; content ! Bient&#244;t, il se trouva dans un chemin qu'il reconnut pour le chemin du Mas des Vignes o&#249; il venait moissonner tous les ans. Puisqu'on veillait encore il prendrait un petit air de feu avant de retourner sur ses pas pour revenir vers Miers qu'il avait laiss&#233; derri&#232;re lui. Il avan&#231;ait donc vers la lumi&#232;re, quand il se sentit froid par tous les os. En travers du chemin, &#224; vingt pas devant lui, il y avait un grand cercueil garni de son suaire, avec une multitude de petites chandelles dont la flamme tremblotait au vent. Jeantou, cette fois, eut une fi&#232;re peur, et son premier mouvement fut de prendre ses jambes &#224; son cou et de se sauver. Mais il se rappela le conseil de sa m&#232;re et continua d'avancer lentement, lentement. Mais, si lentement que ce f&#251;t, il approchait toujours un peu plus du cercueil. Ses cheveux levaient son bonnet de laine &#224; deux doigts au-dessus de sa t&#234;te, et ses dents ne voulaient pas se tenir serr&#233;es dans sa bouche. Que faire ? Comment passer ? Le cercueil tenait tout le chemin si &#233;troit entre les deux Coucudiers. Soudain l une voix caverneuse lui dit : &#034; Si tu ne passes pas, gare &#224; toi ! Si tu ne me laisses pas comme je suis, prends garde &#224; moi&#8250;&#8250; A ce bizarre langage, peut-&#234;tre un autre aurait eu encore plus de frayeur ; Jeantou, au contraire, sentit la sienne s'&#233;vanouir, et son naturel joyeux reprenant le dessus : &#034; Mon pauvre vieux, dit-il, je vais faire tout mon possible pour te contenter. &#8250;&#8250; Et, soulevant doucement un bout du cercueil, il le d&#233;tourna juste ce qu'il fallait pour passer, et le remit ensuite bien en place. Alors la voix reprit : &#171; Tu as bien fait, Jeantou de me toucher si peu ! &#187; Jeantou se garda bien de tourner la t&#234;te. Il n'avait pas fait deux pas que Poutouploum il entendit un bruit comme si les Coucudiers s'&#233;taient bris&#233;s en Cent mille morceaux. Puis tout fut sombre autour de lui, &#224; ne pas chercher la brebis noire. Mais maintenant, il savait o&#249; il &#233;tait : il contourna le P&#233; pour ne pas repasser o&#249; il avait trouv&#233; ce que je vous ai dit, et &#224; grandes enjamb&#233;es, il prit le chemin de Fiali, croyant bien ne plus s'&#233;garer, en quoi il se trompait encore. Il arriva sans encombre &#224; Gaule, descendit le bois de Padirac, et pour aller plus vite, il prit par les gl&#232;bes. Il est vrai qu'il &#233;tait bien las, et c'&#233;tait un soulagement, de marcher sur l'herbe rase, plus douce qu'un tapis. La lune s'&#233;tait voil&#233;e mais il ne faisait pas noir tout de m&#234;me ; il voyait se conduire. Or, plus il allait, plus il &#233;tait inquiet. Ils &#233;taient, bien s&#251;r, tous au lit &#224; cette heure. Et peut-&#234;tre m&#234;me en entrant, si l'on ouvrait la porte, sentirait-il le cuir roussi qui lui dirait de porter ses v&#339;ux ailleurs. Enfin, il voulait y aller tout de m&#234;me, pour savoir, et dire ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que, sur la gl&#232;be, il aper&#231;oit quelque chose de blanc. Il se baisse ; c'&#233;tait un mouchoir de t&#234;te, un beau mouchoir de fine soie, &#224; ce que Jeantou crut comprendre, car il n'avait pu que le toucher du bout des doigts. Un petit ventouril de rien du tout vous l'avait port&#233; dix ans plus loin. Jeantou y courut. Un beau mouchoir comme &#231;a ! Ba&#239;n&#232;s ! Il y avait de quoi faire la paix avec la M&#233;sanie. Mais le m&#234;me petit vent enleva de nouveau le mouchoir quand il allait le saisir. Cela recommen&#231;a bien dix fois, Jeantou courait apr&#232;s le mouchoir ; le mouchoir s'envolait toujours plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que Jeantou se courba pour ramasser ce mouchoir, un air humide lui monta &#224; la figure, en m&#234;me temps qu'une vive clart&#233; le faisait se reculer involontairement et lui montrait... il en tremblait encore cinquante ans apr&#232;s, le puits de Padirac, droit sous lui s'il avait fait un pas de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la vive lumi&#232;re qui &#233;clairait toute la gl&#232;be, il vit, en levant les yeux, deux beaux petits enfants, blancs comme neige et brillants comme des &#233;toiles qui lui dirent : &#171; Merci, parrain ! Saint Pierre nous ouvre les portes du Paradis, et nous sommes pass&#233;s ici pour te garder du Drac. &#8250;&#8250; Jeantou &#244;ta son bonnet et suivit du regard ses filleuls qui montaient au ciel. Alors un coq chanta et la cloche de Padirac sonna l'Ang&#233;lus. Bien tranquille, maintenant, Jeantou arriva &#224; Fiali &#224; la &#64257;ne pointe du jour. La M&#233;sanie balayait le devant de la porte. Sans vouloir rien entendre, elle lui montra une savate racornie qu'elle avait mise au feu la veille au soir, ne le voyant pas arriver. Il n'&#233;tait pas besoin d'explications. Jeantou revint chez lui, moiti&#233; f&#226;ch&#233;, moiti&#233; content. Cette M&#233;sanie ! Elle ne ferait pas une femme commode ! Et, pour tout dire, sa nuit l'avait d&#233;go&#251;t&#233; d'aller veiller sur le Causse. Aussi, l'ann&#233;e d'apr&#232;s, il se maria avec sa voisine, la Sounil. Mais il faisait beau le voir et l'entendre quand il racontait ses aventures avec le Drac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de Contes et L&#233;gendes Quercynoises&lt;br class='autobr' /&gt;
Racont&#233;es par Tante Basiline.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo : patrimoines.midipyrennees.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude VERTUT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Messe de Minuit racont&#233;e par Tante Basiline</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vertut</dc:creator>



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&lt;p&gt;La Messe de Minuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les hauts plateaux de nos grands causses, l'on y voit encore de tr&#232;s vieilles &#233;glises solitaires, d'aucunes toutes rev&#234;tues de lierre, entour&#233;es d'un cimeti&#232;re aux tombes moussues. Certaines sont comme perdues dans les bois ; la plupart b&#226;ties en haut d'une &#233;minence d'o&#249; la vue s'&#233;tend jusqu'aux collines bleues qui boment l'horizon. Souvent, le presbyt&#232;re lui-m&#234;me est assez &#233;loign&#233;. Pourquoi ? Qui saurait le dire ? Tant d'&#233;v&#233;nements, tant de causes peuvent avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://amis-quercynois.fr/les-quercynois-leur-culture/recits-contes-et-legendes/tante-basiline/" rel="directory"&gt;Tante Basiline&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://amis-quercynois.fr/local/cache-vignettes/L150xH116/arton373-2dd17.jpg?1738293179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Messe de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les hauts plateaux de nos grands causses, l'on y voit encore de tr&#232;s vieilles &#233;glises solitaires, d'aucunes toutes rev&#234;tues de lierre, entour&#233;es d'un cimeti&#232;re aux tombes moussues. Certaines sont comme perdues dans les bois ; la plupart b&#226;ties en haut d'une &#233;minence d'o&#249; la vue s'&#233;tend jusqu'aux collines bleues qui boment l'horizon. Souvent, le presbyt&#232;re lui-m&#234;me est assez &#233;loign&#233;. Pourquoi ? Qui saurait le dire ? Tant d'&#233;v&#233;nements, tant de causes peuvent avoir chang&#233; le pays lui-m&#234;me. Une abbaye a vu ses moines dispers&#233;s par des hommes d'armes ; une source tarie a fait fuir les villages vers les &lt;&lt; conques &#8250;&#8250; humides. Tout ce pass&#233; se perd dans la nuit. Et depuis longtemps, seule &#224; la crois&#233;e des chemins, l'&#233;glise semble encore veiller sur toute la paroisse, appelant les vivants, priant pour les morts, accueillante, aust&#232;re, myst&#233;rieuse. Aussi, que de choses les fid&#232;les y ont vues ! Un chasseur d'Issendo1us, attard&#233; jusqu'&#224; minuit, n'avait-il pas, dans une de ces chapelles en ruines, servi la messe &#224; l'ombre d'un pr&#234;tre mort depuis cent ans ? Et la vieille religieuse qui me conta ce qui suit quand j'&#233;tais fort jeune, &#233;tait tr&#232;s convaincue, Elle le tenait de sa tante, &#224; qui la Mariannou l'avait cont&#233;. Depuis la veille, il neigeait, et jamais, en Quercy, il n'&#233;tait, de m&#233;moire d'homme, tomb&#233; pareille couche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, &#224; dix heures, le cur&#233; de Lalinier entra dans l'&#233;glise, et comme le sonneur &#233;tait malade, il sonna lui- m&#234;me le tr&#232;s long carillon de No&#235;l. Le vieux pr&#234;tre &#233;tait tout essouffl&#233; quand il eut fini. &#171; Cayrol a eu plus de peine que je ne pensais &#8250;&#8250;, murmura-t-il ; &#171; par &#339; froid, il est venu douze soirs, &#224; cette heure, sonner No&#235;l ! Pauvre vieux, je ne suis pas &#233;tonn&#233; qu'il soit au lit. &#8250;&#8250; Puis il alla &#224; la sacristie, tira de l'armoire ses ornements, et, enfin, retourna sous le porche, et sonna le premier coup de la messe. Il songea alors que Pierrounel, le chantre, et Paulin, l'enfant de ch&#339;ur, devraient bien &#234;tre arriv&#233;s. Il ouvrit la porte et regarda s'il ne les verrait pas venir. La campagne &#233;tait blanche, le ciel noir et bas ; une certaine clart&#233; permettait de voir assez loin, mais elle venait de la terre, et la nuit tombait du ciel. Le c&#339;ur du vieux cur&#233; se serra : Quelle sombre nuit de No&#235;l ! Et son &#233;glise isol&#233;e lui sembla perdue quelque part dans un d&#233;sert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il chassa vite cette impression d'angoisse, et pensa aux nombreux falots qui, tout &#224; l'heure, allaient briller de tous c&#244;t&#233;s, quand ses paroissiens viendraient &#224; la messe, au bruit joyeux des sabots charg&#233;s de neige qu'on taperait &#224; la marche du porche. Ils &#233;taient un peu en retard, ses paroissiens, mais la neige &#233;tait si haute et le temps si froid ! Et justement, tout l&#224;-bas, une petite lueur ne vacillait-elle pas ? Pour donner du courage aux arrivants et presser les retardataires, il allait tout de suite sonner le second. L'antique petite cloche, au timbre clair, prit, sans doute par la maladresse du sonneur, une voix tremblante et cass&#233;e qui semblait s'arr&#234;ter &#224; deux pas de l'&#233;glise, &#233;touff&#233;e dans le grand silence de la neige. Et tous les efforts du pr&#234;tre ne purent la mettre en branle joyeusement, comme il convient &#224; la nuit de No&#235;l. Deux petits coups de sabot le firent se retoumer ; la Mariannou &#233;tait sur le seuil, avec sa grande mante, sa &#171; cal&#232;che &#187; noire sur la t&#234;te et sa petite lanteme &#224; la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une pieuse fille, un peu couturi&#232;re, un peu r&#233;gente, qui cousait en gardant les enfants de son hameau, et leur apprenait &#224; &#233;peler dans son livre de messe. Elle &#233;tait en grand deuil de sa s&#339;ur morte aux vendanges. Cette mort avait redoubl&#233; sa pi&#233;t&#233;, s'il &#233;tait possible, car toutes deux &#233;taient de saintes filles. La nuit de No&#235;l, elles arrivaient les premi&#232;res &#224; leur &#233;glise, et entendaient d&#233;votement les deux messes cons&#233;cutives ; puis rallumaient leur lanteme, et par des chemins affreux, elles allaient &#224; Omiac o&#249; on disait la messe de l'aurore ; et elles &#233;taient rentr&#233;es chez elles assez t&#244;t pour retoumer &#224; la grand-messe de leur paroisse. Avec cette d&#233;votion, elle &#233;taient vaillantes, point gourmandes, point jalouses, peu m&#233;disantes, et bavardes, tout juste ce qu'il faut pour ne pas s'ennuyer. C'&#233;taient vraiment de saintes filles.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que la Mariannou eut dit un Pater et un Ave, elle se mit en devoir de ranger les chaises dans l'&#233;glise, o&#249; tout &#233;tait un peu en d&#233;sordre. Le cur&#233; lui expliqua que Cayrol &#233;tait tr&#232;s malade et que la servante du presbyt&#232;re, la Catissette, avait pass&#233; tout le jour &#224; le soigner ; elle y &#233;tait encore. Aussi c'&#233;tait lui-m&#234;me qui avait par&#233; l'autel de son mieux. La Mariannou se r&#233;cria : &#171; Si elle avait su ! M. le cur&#233; aurait d&#251; la &#8221;mander&#034; ; elle serait venue avec tant de plaisir. &#8250;&#8250; Comme il n'&#233;tait qu'onze heures, elle s'activa, rattachant les plis du devant d'autel, repla&#231;ant les chandeliers, redressant les bouquets dor&#233;s mal assujettis par le cur&#233;. Puis tous deux finirent d'aligner les chaises ; et, les cierges allum&#233;s, l'&#233;glise eut son air des jours de f&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle &#233;tait encore vide. Le cur&#233; se dit qu'il avait sonn&#233; le second trop t&#244;t, que tout le monde l'avait confondu avec le premier ; et bonnement, il le resonna. La voix de la petite cloche &#233;tait encore plus &#233;teinte que tout &#224; l'heure , et la campagne toujours d&#233;serte et silencieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Onze heures et demie ! et Pierrounel n'arrivait pas, n1 Paulin. Personne ! Encore cinq minutes, puis dix. Il fallait pourtant dire la messe. La Mariannou sentait son estomac se serrer. Etait-il, J&#233;sus, possible que de 1 tant de chr&#233;tiens pas un ne v&#238;nt &#224; la messe de minuit ! &#206; &lt;&lt; Mariannou, dit enfin le cur&#233;, vous saurez bien me * servir la messe ? - J'essaierai, r&#233;pondit la vieille fille en frissonnant. &#8250;&#8250; Le cur&#233; passa dans la sacristie ; la Mariannou &#244;ta sa mante et alla sonner les trois coups : ils tint&#232;rent &#224; peine ; le cur&#233; rentra dans le ch&#339;ur rev&#234;tu de ses ornements. Quand il vit son &#233;glise vide, une grande indignation le saisit : &#171; 0 mon Dieu, s'&#233;cria- t-il, si les vivants ne veulent pas assister &#224; la messe de minuit, permettez aux tr&#233;pass&#233;s de venir l'entendre ! &#187; ! A peine avait-il fini que la porte s'ouvrait toute grande, puis se refermait ; et c'&#233;tait un bruit confus, &#224; peine perceptible, de voix basses, lointaines, voil&#233;es, qui r&#233;citaient des pri&#232;res. La Mariannou sentait ses cheveux se dresser sous sa cal&#232;che ; le cur&#233; lui-m&#234;me tremblait un peu ! et &#224; chaque r&#233;ponse de la vieille fille A . qu'elle avait bien de la peine &#224; d&#233;chiffrer dans le ' livre, le m&#234;me murmure se faisait entendre, comme d'une foule qui aurait suivi &#224; voix contenue l'ordinaire de la messe. Enfin, au Credo, la Mariannou prit courage, et osa regarder dans la nef. Elle ne sut jamais dire ce qu'elle avait vu, ni si elle avait vu quelque chose. Et pourtant, si, ils &#233;taient bien l&#224;, tous les morts de la parole &#224; , tous ceux qu'elle avait connus depuis son enfance, et la demoiselle du ch&#226;teau dans sa robe blanche, et le vieux p&#226;tre du Triadou avec encore son cha&#239;l&#233; et son grand chapeau qui n'avait d'aile que d'un c&#244;t&#233;. Ils etaient l&#224;, elle les voyait, et pourtant elle voyait les rangs des chaises bien align&#233;s, comme elle les avait mis avant la messe. Son c&#339;ur battait de grands coups dans sa poitrine et jamais elle n'osa tourner la t&#234;te vers le coin o&#249; se mettaient jadis son p&#232;re, sa m&#232;re et sa s&#339;ur, car elle se sentait pr&#232;s de d&#233;faillir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Sanctus, elle essaya de se lever pour aller sonner l'&#233;l&#233;vation, mais ses genoux &#233;taient comme de laine et ses jambes lui refusaient tout service. D'ailleurs la cloche sonnait d&#233;j&#224; : si c'&#233;tait toute seule, personne ne peut le dire, mais jamais elle n'avait sonn&#233; comme cela depuis la mort de d&#233;funt Cayrol, le p&#232;re de celui qui &#233;tait malade ; et la Mariannou croyait bien avoir aper&#231;u le vieux, l&#224;-bas, avec ses cheveux blancs tress&#233;s &#224; la vieille mode, mais elle n'avait plus la force de rien voir. Sa voix faiblissait tant, qu'&#224; l'Ite missa est, elle ne trouva rien &#224; r&#233;pondre. Mais de partout, dans l'&#233;glise, les voix s'affirm&#232;rent : &#171; Deo gratias, alleluia ! alleluia ! &#8250;&#8250; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et quand le dernier evangile fut dit, et les trois Ave Maria r&#233;cit&#233;s, de nouveau la porte s'ouvrit puis se referma. Alors le cur&#233; et la Mariannou sentirent bien que maintenant ils &#233;taient seuls, et qu'auparavant l'&#233;glise &#233;tait pleine. Et ce fut avec un soulagement tr&#232;s r&#233;el que l'un et l'autre r&#233;cit&#232;rent leur part des pri&#232;res de la deuxi&#232;me messe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les paroissiens arriv&#232;rent pour la grand- messe, Pierrounel et Paulin fort en avance cette fois, le cur&#233; ne leur fit pas de reproches : il leur raconta simplement ce qui &#233;tait arriv&#233;. Et depuis, disait ma vieille religieuse, le mauvais temps ne les a plus arr&#234;t&#233;s d'aller &#224; la messe la nuit de No&#235;l, puisqu'ils pensent l'entendre en la compagnie de leurs d&#233;funts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de Contes et L&#233;gendes Quercynoises racont&#233;es par Tante Basiline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : chapelle Notre Dame de Verdalle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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